Les entretiens du master : séance du 27 juin 2013
Une première réussie pour les entretiens du master SIPP défense
L’association des anciens élèves du Master 2 Paris I " stratégies industrielles et politiques publiques de défense ", baptisée MSIPP Défense, a organisé une conférence spéciale sur le thème « Livre blanc, clef de voute de la politique publique de défense, quelles conséquences pour les industriels?». Celle-ci s’est tenue le 27 juin 2013 au centre Panthéon de la Sorbonne à Paris. Elle a permis l’intervention de cinq personnalités devant un auditoire composée d’acteurs étatiques ou industriels du monde de la défense dont le directeur des ressources humaines de la DGA l’IGA Christian Chabbert.
Pourquoi pas un Livre blanc industriel calqué sur le modèle britannique ? C’est une des pistes évoquée dans son introduction à la conférence par François Heisbourg, universitaire et membre des commissions des Livres blancs en 2008 et 2013. Celui-ci avait au préalable débuté en dressant l’historique des impacts des 3 Livres blancs sur les industriels de la Défense parus en 1972, 1994 et 2008. Dans son exposé, il consacrait une part non négligeable à l’impact qu’avait pu avoir la réduction des budgets de l’édition de 95. Lui succédant au pupitre, Louis Gautier, magistrat à la cour des comptes membre du cabinet de Lionel Jospin de 1997 à 2002 et membre de la commission du livre blanc 2013, a ensuite décrit le contexte particulier de la dernière mouture fraîchement parue. Il a insisté sur la nécessaire optimisation du paysage industriel.
Jean-Pierre Devaux, directeur de la stratégie à la DGA, a quant à lui décrit la situation compliquée « au bord du gouffre, mais du bon côté » que connait le domaine de la Défense et la nécessité d’un pilotage précis pour maintenir et défendre nos positions dans un monde de plus en plus concurrentiel. Ensuite, les industriels ont donné leurs points de vue. Olivier Martin, secrétaire général de MBDA, a ainsi expliqué la stratégie de l’entreprise et les fruits d’une coopération réussie via la construction du « One MBDA » adossée. Puis il a proposé la vision de son entreprise autour de la notion de centres d’excellence répartis entre la France et le Royaume-Uni. A son avis, cette démarche est structurante pour relever les enjeux à venir.
Enfin Andreas Lowenstein, directeur de la Stratégie DCNS a décrit l’ambitieux plan de développement de son entreprise. Il a abordé le thème des exportations en insistant sur le fait que c’est un secteur difficile où l’environnement est en constante évolution et où rien ne se fait dans la facilité. Pour autant DCNS y vise 30% de son chiffre d’affaire d’ici à 2020.
A la suite de ces cinq interventions, un débat animé a été entamé. Celui-ci a particulièrement été alimenté par les questions d’exportation et le rôle de soutien ciblé de la direction internationale (DI). La coopération européenne et l’exemple de MBDA pour la construction d’un Airbus naval (Franco-allemand) a également suscité les questionnements. Enfin ce débat s’est conclu sur les thèmes de la prochaine loi de programmation militaire (LPM) qui doit conforter et renforcer les positions françaises et européennes avec un budget réduit, et de l’agence européenne de défense (AED) avec en point de mire la façon de l’optimiser.
Après cette première réussie, l’association MSIPP et la Sorbonne ont pris date pour l’an prochain afin d’organiser à la même période les seconds entretiens du master sur un thème qui sera défini début 2014. D’ici là l’association aura programmé plusieurs rendez-vous autour de la publication de mémoires et une nouvelle promotion aura débuté. Les inscriptions sont ouvertes pour le master SIPPD 2014 qui débutera en janvier.